Image illustrative de Heated Rivalry
Image illustrative de Heated Rivalry

Heated Rivalry

Deux stars du hockey vivent une romance secrète qui dure plusieurs années, alors qu'ils poursuivent la gloire et se débattent avec l'amour.

En cours CA Pas de durée
Drame Crave, 2025
15.92

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Image illustrative de l'épisode 1.06 - Le chalet

The Cottage

Shane et Ilya fuient les projecteurs pour savourer un rare moment de liberté.

Diffusion originale : 26 décembre 2025

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Diffusion française : 26 décembre 2025
Réalisat.eur.rice.s :
Scénariste.s :
Guest.s : Sophie Nélisse , Bianca Nugara , Brandon Ash-Mohammed , Matthew Finlan , Nadine Bhabha

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Avatar Galax Galax
Administrateur
Avis favorable Déposé le 25 février 2026 à 23:47
Spoiler

Voilà, clap de fin de ce chapitre, et des semaines après l’avoir découvert, je me sens encore dans ce cottage avec eux. En fait en six épisodes, Heated Rivalry m’a intrigué, accroché, ému, puis brisé, et finalement réparé. Cet épisode est la réparation tant méritée.

C’est un final fantastique qui choisit le contre-pied total de tout ce qui a été fait avant en termes de forme : enfin, une vraie escapade calme, douce, sans ellipse, sans enjeux apparents, et pourtant c’est là que leur vie change à tout jamais. Shane qui, depuis le début, sait très bien ce qu’il fait et planifie absolument tout, invite Ilya avec un plan en tête. Et Ilya qui depuis le début, ressent bien plus que ce qu’il ne laisse paraître, se lâche enfin. Le contraste dans la réal entre la chaleur de toutes les scènes, le feu de camp, l’humour très humain et très gamin : tout respire enfin l’amour, le vrai, sans contrepartie, dans un environnement sain. Et pourtant le niveau de discussion parfois très sommaire rappelle avec amertume qu’en 9 ans de relations avec la personne dont ils sont chacun la plus proche au monde, ils sont encore incertains. C’est aussi une des grandes forces de la série : aucun dialogue grandiloquent ou poétique, pas de déferlement de sentiments, aucun vrai haussement de voix anormal qui sonne faux, juste des échanges réalistes et puissants, traduisant des sentiments et des incertitudes. Et tout bascule en quinze jours.

Le cottage complètement vitré et ouvert perdu au milieu de la nature participe aussi à créer toute cette imagerie qui tranche avec les défilés d’hôtels impersonnels du reste de la série : exit les bruits et les distractions, le décor force déjà les personnages à être transparents — mais “force” n’est pas le bon mot, plutôt il les accompagne, car ce sont eux qui font ce choix enfin de s’autoriser un moment ensemble “à découvert”. D’ailleurs ils n’utilisent pas les stores, et Shane fait promettre à Ilya de se dire les choses sincèrement en ayant compris qu’ils sont en fait déjà exclusifs. Le fait que le feu de camp soit aussi le symbole choisi pour le début de leur connexion sentimentale, alors que depuis le début ces deux joueurs de hockey se livrent surtout à une relation charnelle sur la glace, c’est aussi un contraste apaisant très bien vu, et toute la colorimétrie est très bien choisie, à la fois chaleureuse et positive, mais également mélancolique, pour les raisons que j’ai citées et qui sont soulignées par les parents à la fin — “9 ans” ! Le temps qu’il aura fallu pour en arriver là ! Encore une fois, c’est absolument dingue de se dire que l’ensemble de la série a été tourné en 37 jours et monté en un temps record pour permettre une diffusion plus tôt que prévu, vu le soin, la beauté et la finesse de l’ensemble.

Les scènes s’enchaînent vite, franchement presque trop vite, ça doit être l’unique défaut de l’épisode — pourtant c’est très fidèle au dernier acte du livre. Mais après tout ce qu’ont subi les personnages, j’aurais été prêt à avoir 3 épisodes d’affilé comme ça où il ne se passe “”””rien””””, où le rythme est enfin naturel. Je voulais les voir heureux 100 heures en fait ! Mais déjà en une petite heure, il s’en passe tellement de choses. C’est un épisode où les protagonistes n’ont plus de filtre, vivent enfin leur réalité et montrent qui ils sont. C’est donc l’étape ultime de descente dans l’essence de leur relation, dans le “voyeurisme” de l’audience aussi, puisqu’ils sont vraiment mis à nus dans leurs sentiments qu’ils refoulaient. Pour une série qui démarrait de façon relativement “aguicheuse” (même si le potentiel de complexité a toujours été là dès le début et que c’était leur forme de communication et donc de caractérisation), c’est très ingénieux de conclure ainsi, là où l’intime est un vrai refuge et un marqueur de changement et de perspective.

En deux semaines, tout est mis à plat et décortiqué, du fait qu’ils assument enfin leurs sentiments l’un envers l’autre, ce qui n’avait toujours pas été pleinement fait malgré les discussions sincères de l’épisode précédent. On semble en fait avoir un aperçu de leur couple tel qu’il sera toute leur vie. Ils parlent enfin réellement de leurs familles et c’est hyper touchant, notamment le passage avec la mère d’Ilya qui, on l’apprend, s’est suicidée, ce qui donne encore une clé de lecture supplémentaire intéressante à ce personnage. Ilya arrive dans l’épisode dubitatif, n’osait pas venir au châlet de base, a peur du moindre bruit de canard canadien dans un moment comique culte, ne comprend pas l’intérêt de rester assis à regarder un feu… Quelques instants partagés plus tard avec le futur homme de sa vie et il ne veut plus quitter le feu.

ILYA: She would have loved you.

Le châlet se veut être un cadre totalement apaisant suspendu dans le temps ce qui permet aux personnages de respirer enfin, accompagnés par la réalisation qui les réunit dans absolument tous les plans. Le seul moment de champ/contre-champ qui ajoute subitement de la distance entre eux, c’est lorsqu’Ilya propose le plan de marier Svetlana, de part et d’autres du canapé. Ce que Shane vit très mal. A la fin de cette super séquence (avec une autre masterclass de Hudson Williams évidemment) où Shane ose enfin imposer à Ilya une demande d’engagement, ils semblent d’accord pour trouver un plan qui ne compromet pas leur relation. Seulement là, la réalisation les réunit-elle alors de nouveau dans un même “plan” (aussi bien un plan de caméra qu’un plan de vie).

Dès lors, Shane met en place leur futur — un mensonge pour couvrir un autre mensonge, où il conviendra de progressivement laisser tomber la rivalité et prétexter apprendre à se connaître en public, jusqu’à ce qu’un jour “à la retraite, peut-être”, ils puissent enfin vivre ensemble. C’est une perspective en réalité bien morose, clairement ce que Scott Hunter a su surpasser par amour pour Kip, mais c’est tout ce qu’il faut à Shane et Ilya pour l’instant pour vivre. Il faut voir l’impact profond que cette suggestion (qui sous-entend au passage une envie de vivre ensemble pour toujours) a sur Ilya, superbement interprété par Connor Storrie dans cette scène, qui ne peut s’empêcher de fondre et de lâcher un premier vrai “I love you”.

Ce final coche en effet toutes les cases qui composent le cliché de certaines “étapes” dans une idyle de fiction, comme le “I love you”, le fait de s’appeler “boyfriend”, l’acceptation par les parents de la relation… mais tout est fait d’un coup, en bout de parcours là où c’est le plus cohérent pour les personnages, après des épisodes passés à montrer des années de construction de relation. Cela apparaît donc complètement mérité, comme si enfin, par l’utilisation de ces jalons symboliques dans une romance, leur amour était enfin assumé et légitimé. Typiquement pour Ilya qui voit enfin une promesse de refuge et d’acceptation aux côtés de celui qui — il ose enfin l’avouer — il aime.

Heated Rivalry reste une histoire qui est entièrement définie par le contraste entre ses deux amants et ça ne brille jamais aussi bien qu’ici, où Ilya continue notamment dans un premier temps son rôle d’amuseur, mais avec Shane qui exige du premier degré, de l’honnêteté, force les silences et les réactions, ce que la réalisation et le montage ne manquent pas de souligner avec une maîtrise parfaite encore une fois. Inutile de voir en quoi les deux stars et leur alchimie étaient absolument centrales dans le succès pour faire prendre vie à cette histoire.

Et comme toujours, en termes de direction d’acteurs c’est absolument parfait, autant dans les prestations brutes que dans les détails, avec comme d’hab Hudson Williams qui est à mon sens magistral dans son regard. Les larmes retenues quand il accueille Ilya ou quand ce dernier évoque l’idée de faire un mariage blanc avec Svetlana, gonflant ses yeux et retenant ses pleurs comme il sait si bien le faire, avant de finir par lâcher — enfin ! — sa première larme de la série… et c’est une larme de joie ! Qui fait suite à ce fameux “I love you” d’Ilya, validant leur vie à deux. Impossible de rester de marbre.

En fait, il y a un effet vraiment cathartique dans ce cocktail d’émotions de bout de parcours, car ce n’est pas que du jeu d’acteurs : cette nostalgie prématurée a été aussi ressenti par les acteurs. Ces anonymes qui galéraient à décrocher des rôles ont vécu leur dernier jour de tournage dans le salon du châlet. Or, une vidéo des coulisses a circulé où on voit le dernier clap du réalisateur. A ce moment, Storrie et Williams pensaient sincèrement qu’ils ont eu de la chance pour 37 jours de tournage, d’incarner des personnages queer intéressants dans un show un peu plus ambitieux que leurs petits boulots… mais qui resterait de niche. Donc, ils s’attendaient à ce que leurs vies de galère reprennent bientôt, et à ne plus se voir autant. Bref, ils pensaient que c’était une belle parenthèse qui se fermait, rien de plus. Leur relation derrière les coulisses est presque aussi émouvante que ce que vivent leurs personnages et rarement ai-je été aussi heureux de savoir qu’un petit coup de coeur personnel a eu un succès fou, plutôt que de rester une gemme cachée.

La péripétie la plus clichée reste l’inévitable scène où un proche finit enfin par surprendre le couple dans l’acte pour forcer des confessions finales : le père de Shane ici, qui détale sans dire un mot. Shane vit alors une sorte de crise de panique très particulière, à plusieurs reprises — une improvisation de l’acteur que le réalisateur avait mis en doute, mais a choisi de garder sur le conseil de sa monteuse, une preuve qu’il a vraiment habité le personnage jusqu’au bout. C’est le bon choix car c’est un crève-coeur de le voir en crise, semblant aussi brisé que son plan millimétré qui se basait sur des petits pas mesurés sur du moyen-long terme.

C’est plus que jamais sans équivoque après cet épisode : Shane est écrit et interprété de sorte à être placé sur le spectre de l’autisme, autant dans les détails (son premier degré sur des instructions, que ça soit un sms de son copain ou une recette de burgers à suivre à la lettre) que dans le fond de ses réactions. Mais jamais ce personnage n’est enfermé dans ce carcan ou traité différemment qu’un autre pour son trouble : Shane est en cela un des protagonistes les plus complexes que j’ai vus.

En tout cas heureusement, l’histoire désamorce vite cette ficelle “un proche les surprend”, habituellement synonyme de punition finale pour les relations secrètes. Ce procédé ne devient à la place qu’un accélérateur nécessaire pour conclure de façon satisfaisante la série, et amorçant l’acte final de l’épisode : le coming-out aux parents. C’est peut-être la meilleure partie de l’épisode tant elle est parfaite.

Premièrement, elle montre l’évolution ahurissante d’Ilya, qui agit comme soutien le plus total de celui qu’il appelle désormais son copain et semble s’intégrer dans la famille en deux-deux… C’est en fait très cohérent pour une raison triste comprise vraiment dans cet épisode : il n’a jamais connu un tel environnement. Le contraste entre le flambeur tête-à-claques qui maintenait une carrure de glace impassible même en privé avec Shane, qui devient littéralement le gendre doux idéal totalement pendu aux lèvres et pillier inconditionnel de son copain, c’est juste parfaitement cohérent et une évolution impeccable. Ilya est tellement différent qu’il agit même parfois comme comic-relief hilarant pour l’audience, sans que cela ne trahisse le personnage.

D’ailleurs, de nombreux passages comiques étonnants viennent casser aussi l’aspect tragique de cet acte final, et éviter ainsi l’aspect punitif ou fardeau du procédé. Par exemple quand Shane et sa mère évoquent leur indéfectible esprit de compétition qui prime sur leur couple, un super moment “telle mère tel fils” qui révèlent aussi beaucoup sur leur relation.

Toute l’écriture de cette fin est globalement parfaite, capitalisant sur toutes les thématiques créées et les intrigues développées depuis le début : Scott Hunter, Rose, la rivalité sur la glace, l’inflexiblité de Yuna, la durée de la relation Shane/Ilya et son évolution complexe où ils se déclarent à la fois ensemble depuis 10 ans tout en riant nerveusement à l’idée du terme “amoureux” depuis tout ce temps (mais à leur façon, n’était-ce pas bel et bien le cas ?).

De nombreuses scènes et choix de composition de ce final font echo à plein d’autres de la série : les postures autour de la table, les gestes du pied, les regards, même les habits. Chaque micro-expression et choix de réaction est vraiment le résultat d’un travail de fou sur le matériel de base et élève la moindre scène et le moindre échange, je pense que c’est sans doute pour ça que la série a aussi bien résonné autant avec les fans de la première heure qu’avec ceux qui ne connaissaient rien à l’univers. La retranscription de toutes les nuances venant avec un roman transpire à chaque instant, grâce au cast, et à toutes les personnes derrière la production, de l’intimacy coordinator à l’équipe de montage. Par exemple, pendant la scène du dîner, il est possible de se la matter deux fois de suite entièrement en se concentrant sur le personnage d’arrière-plan/qui ne parle pas pour voir qu’il y a du jeu constamment en réaction au dialogue en cours. Ou encore, voir Hudson Williams qui fait traîner son regard quand sa mère repasse près de lui sans lui mettre la main sur l’épaule comme la première fois, et il semble alors complètement abattu et regarde son père en hors-champ : c’est un détail de fou qui fait vivre la scène. Et des détails comme ça, il y en a vraiment des dizaines par épisode, preuve que les acteurs ont constamment habité leurs personnages et que le montage et la réal leur a eu raison de leur faire entièrement confiance.

Etonnamment, le focus émotionnel de la toute fin de l’épisode n’est pas sur Shane et Ilya… mais sur Shane et sa mère. C’est un choix magnifique inattendu mais pourtant logique vu qu’il éclaire celui qui est essentiellement le narrateur de cette saison. Yuna Hollander passe de surprise et incompréhension, évoquant une potentielle forme de rejet (émotionnel seulement, heureusement), à un pardon et une réconcilliation.

Cette scène est peut-être la meilleure de la série. C’est un échange magnifique, car on s’attend à ce que Yuna “l’excuse”, comme souvent dans ce genre de scènes en fiction. Sauf qu’au contraire, c’est bien ELLE qui demande pardon à son fils, de ne pas avoir créé d’espace suffisamment safe pour qu’il lui en parle plus tôt. On évite ainsi l’écueil de la charge du coming-out, exactement comme avec la scène avec Rose de l’épisode précédent, mais dans un contexte encore plus important (la famille), et c’est absolument fabuleux comme modèle. Inutile de dire que Hudson Williams, avec son regard fuyant et son body language complexe, est parfait, mais Christina Chang est tout aussi convaincante et touchante en réponse.

Il faut savoir que cette scène, courte mais essentielle, est un rajout par rapport au livre. Et elle fait vraiment prendre tout son sens à l’ensemble, preuve de la parfaite compréhension du matériau d’origine de cette adaptation, tous les changements étant incroyablement pertinents. C’est l’occasion de disséquer une dernière fois le personnage de Shane, qui prend ici du recul et avoue qu’il a vraiment “essayé” de ne pas être qui il est... Cette phrase est un vrai déchirement qui fait le pont entre sa personnalité, son secret, son trouble, sa carrière : Shane a toujours été le fils et le sportif parfait qui voulait imiter ses pairs mais luttait avec ce qu’il était au fond de lui, et c’est justement tout ce qui fait de Shane qui il est. Son aveu d’avoir essayé de renier qui il était est absolument déchirant et évoque l’enfer que vivent les personnes qui tentent de rentrer dans la norme. Et ainsi, en montrant que Yuna a l’intelligence de s’excuser, la série montre le poids de l’éducation de Shane dans son auto-rejet. Malgré les aspects positifs du parentage de Yuna qui restent validés (Shane ayant des parents aimants, des belles valeurs bienveillantes dans un métier pourtant pas évident), son environnement a bel et bien contribué à faire de Shane qui il est (forcément), et lui a donc forgé une personnalité hostile à son acceptation. Bref, cette ultime “confrontation” n’est ni plus ni moins que la justification de la série et le bilan de celle-ci, et parfaitement à son image, tenant en un dialogue merveilleusement bien écrit et joué, sans un mot de trop et cruellement réaliste.

La scène suivante, l’avant-dernière du show, de retour à table où les sentiments sont plus apaisés, voit Shane vivre un autre épisode de crise de panique en pensant à un avenir pourtant optimiste… et il est calmé par la présence de sa famille et de son “petit ami” qui se définit pour la première fois ainsi. La preuve définitive que même avec les obstacles qu’il leur reste à affronter, s’assumer dans un bon contexte assure que tout ira bien. Ilya n’ayant pas eu le luxe d’un modèle familial sain, il comprend plus vite que Shane que tout ira bien.

La romancière a déclaré avoir consulté la communauté gay avant de créer la fin de ses romans et le choix d’une happy-end (relative) n’est pas un hasard : il est bien sûr salvateur dans un monde où l’écrasante majorité des oeuvres queer finissent par punir les personnages pour leurs relations. La séquence finale de road-trip est à ce titre un des plans finaux les plus cathartiques ever et est juste parfaite. Remarquons que la composition du plan donne la forme subtile d’un coeur à l’éclairage avec leurs deux silhouettes, ce qui hyper malin si c’est volontaire. Le choix d’un générique superposé à une scène en live qui continue de montrer Shane et Ilya heureux, tactiles, voire même (à la toute fin) fous de joie, laisse l’audience libre d’imaginer qu’enfin, ils pourront avoir la paix ensemble, et que même si la route est encore longue (clairement mis en scène dans ce plan), on n’a plus qu’à être sur la banquette arrière cette fois, à les regarder être heureux, sans forcément savoir ce qu’ils se disent.

La série a le bon goût de s’arrêter sur cette image, tandis que le livre ajoute à cette fin un épilogue plus fourni qui met en oeuvre le plan caritatif de Shane pour amener petit à petit leur relation en public. Mais c’est un excellent choix que de conclure plutôt comme la saison le fait, sur une scène évoquant l’apaisement et le rêve, d’autant plus qu’il était impossible d’imaginer un tel succès pour la série garantissant une saison 2.

Pourtant, il convient de rappeler que ce n’est pas un vrai happy-end. D’ailleurs, Hudson Williams en a parlé et l’a bien compris. En 9 ans de relation, Shane et Ilya en sont enfin au stade où un couple non-soumis aux mêmes contraintes sociétales en serait à… quoi, six mois ? Un an ? Si la fin est autant libératrice malgré la simplicité déconcertante des péripéties, c’est aussi parce qu’elle rappelle une réalité profondément triste : ce petit goût de bonheur et de paix au sein du couple intervient bien tard, et surtout, ils ont beau s’assumer enfin ensemble dans une sphère, celle-ci est très restreinte… Ils sont encore dans une bulle et loin d’une réalité violente à laquelle ils ne sont toujours pas prêts à être confrontés. Tout leur plan d’action méticuleux n’implique qu’une prolongation du secret pour encore un bon moment et un mensonge perpétué, juste assoupli et avec des confidents. Là encore, le “chemin” reste long. Le choix de musique très codé “end-of-summer-electro” est là encore parfait pour nous laisser sur une note positive mais qui, entre les lignes (dans les paroles notamment) rappelle que le choix de vivre, bien qu’évident et porteur d’espoir à ce stade, impliquera autant de moments coquins que de moments désagréables à venir.

C’est donc nuancé et c’est sans doute pour cela que la fin nous hante encore des semaines durant... Mais, ça reste bien loin d’un drame punitif, et c’est donc totalement jouissif et inédit, justifiant totalement l’obsession de la communauté (moi le premier) à vouloir revoir cette série en boucle pour terminer par une telle dopamine jouissive méritée qui a pris son temps et nous offre une récompense ultime.

Alors je dis qu’une telle fin est “inédite”, elle ne l’est sûrement pas : l’oeuvre n’a probablement rien inventé. Mais c’est pour sûr inédit d’avoir ça à cette échelle de popularité surtout, de voir sous un angle aussi positif une relation non-assumée, sans en faire l’apologie, mais en insistant sur l’amour authentique qui peut se créer au sein de cet interdit.

C’est d’ailleurs tout l’intérêt d’avoir donné suite au coming-out de Scott Hunter de l’épisode précédent et de montrer son speech dans un format de mise en abyme — la seule scène de l’épisode qui n’a pas de rapport direct avec le châlet. Scott Hunter est, là encore, plus en avance que les Hollanov sur le sujet, ayant fait le pas au-delà de sa vie privée de s’assumer publiquement dans l’épisode précédent. Sa scène explique d’office la thématique principale de ce final : faire en sorte que l’amour surpasse la peur, sans prétendre que celle-ci est infondée ou ne disparaisse. C’est peut-être le dialogue le plus explicite sur le fond de la série depuis le début, mais c’est ce qu’il fallait pour inspirer ne serait-ce qu’une personne (Ilya) à changer sa vie et cele de Shane, en acceptant son invitation.

Shane et Ilya acceptent enfin leurs sentiments, mais ne remettent pas en cause la légitimité qu’ils avaient à douter et à avoir peur de l’engagement, du temps qu’ils ont pris, car ce serait dédouaner l’influence de leur environnement et de la société qui est la première à blâmer. Leur relation leur appartient avant tout et même si j’ai conscience que ça n’est pas un idéal, j’ai trouvé ça vraiment magnifique de les voir continuer à imaginer un monde où ils sont encore en secret, certes, mais heureux. Donc oui, même imparfait, je le prends, cet happy-end !!!

L’intervention de Scott est certes incroyablement courageuse et game changing, mais elle n’offre qu’une inspiration à se projeter pour Shane et Ilya, pas une solution miracle qui exigerait d’eux du courage insensé sans être prêts. Et ça reste pourtant une victoire dans tous les cas, pour Shane/Ilya comme pour la série, qui, on le sait, a inspiré quelques personnalités à s’outer en citant son influence, ou d’autres déjà ouvertes à expliquer en quoi ça les a aidé à se replonger dans leur vie… D’ailleurs, les interprètes de la série ont révélé que plusieurs personnalités encore non-connues publiquement les ont contactées en privé pour les remercier, en parler, tout en n’étant pas encore prêtes… soit exactement ce qui arrive aussi au personnage de Scott Hunter dans le livre Game Changers, on l’apprend dans l’épilogue où il livre ce speech, et l’épisode le sous-entend brièvement quand Shane et Ilya disent avoir contacté Scott. Là encore, la série fait preuve d’un parallèle ironique à la fois positif et assez cynique entre l’histoire de ses protagonistes et la vraie vie d’athlètes. Preuve à la fois que la représentation est primordiale, et donc qu’il y a du très positif qui en ressort. Mais preuve aussi qu’il reste beaucoup de chemin pour que tout le monde réagisse comme Yuna Hollander.

C’est bien pour ça que malgré cet aterrissage sur un “idéal sous contrainte”, tout l’acte final est une incroyable récompense pour le couple dans l’histoire, et pour l’audience. Nous avons suivi en peu de temps un parcours complexe loin d’être magiquement résolu, loin d’accoucher d’une relation parfaite, mais bien d’une avancée, d’une acceptation d’eux-mêmes. Sans céder à l’idée de verser dans un dénouement trop théâtral ou facile, et ainsi sans diminuer la difficulté de tout ce qui précède. Seulement ainsi ce final peut se placer en véritable aboutissement d’une histoire qui sera toujours aussi pertinente à re-regarder. Et évidemment, cette approche de l’apaisement est la chose qui devrait être challengée dans la suite de leur histoire : maintenant que la sphère privée est sincère, comment vont-ils naviguer ensemble leurs vies publiques qui n’ont pas encore changé ? Le récit va-t-il être motivé par du drama ou des conflits un peu plus factuels et scénarisés, après un premier tome entièrement porté par l’évolution naturelle d’une relation sur une décennie ?

Heureusement pour moi, pas besoin d’attendre 2027 : un livre raconte déjà la suite ! Purée, merci ! C’est que je n’ai pas tout à fait fini cette thérapie et que mentalement je suis encore et toujours dans ce châlet avec eux… en parallèle de découvrir les bouquins de l’univers et la suite de leur histoire, il ne me reste plus qu’à me relancer le premier épisode. Encore et encore.

A l’image de la série, c’est un final à la fois déchirant et cathartique en très peu de temps, avec une richesse énorme autant entre les lignes qu’à ce qui est apparant, et qui ne boucle pas totalement le voyage mais finit de lui donner un sens et en valide toutes les étapes. Come on, we’ve got bad things to do…


Avatar Manoune398 Manoune398
Rédacteur
Avis favorable Déposé le 25 février 2026 à 21:41

Après les cinq épisodes précédents qui menaient la vie dure à nos deux personnages, une grosse partie de ce final les voit enfin dans leur bulle, ayant passé un grand cap dans leur relation (et voir Ilya si vulnérable, l'avant/après est magnifique). Donc c'est mignon, pas forcément intéressant narrativement parlant à mon sens (c'est un peu longuet) même si ça apaise les systèmes nerveux. Je ne sais pas quoi penser du rôle de Scott, qui agit comme figure lointaine à laquelle nous, public, ne semblons plus avoir accès depuis l'épisode 3.

Mais bref. Toute la seconde moitié est très intéressante, bien écrite, bien jouée aussi, l'histoire évolue et ça donne évidemment de voir la suite. Et puis, bonne idée pour le générique de fin, c'est simple mais c'est vraiment efficace.

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Galax a noté cet épisode - 19
25 févr. 2026
Avatar de Manoune398
Manoune398 a noté cet épisode - 14
25 févr. 2026

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